Conclusions de la Society for Music Perception and Cognition

La Society for Music Perception and Cognition a tenu son première rencontre en personne en trois ans à Portland, Oregon, du 4 au 7 août. Voici quelques-unes des découvertes les plus intrigantes que j’ai apprises lors de la réunion.

Apprendre une nouvelle grammaire musicale

La gamme musicale Bohlen-Pierce existe depuis les années 1970, mais la plupart des gens n’en ont jamais entendu parler. Les gammes musicales varient considérablement dans le monde, mais à notre connaissance, elles sont toutes basées sur le système d’octave. L’octave représente un rapport de 2 à 1 dans la fréquence relative de deux tons. Par exemple, Do moyen a une fréquence de 261,63 Hz, et le Do une octave au-dessus du do moyen a le double de la fréquence (523,25 Hz), c’est pourquoi les deux notes C sonnent si harmonieusement lorsqu’elles sont jouées ensemble. En revanche, l’échelle de Bohlen-Pierce (BP) est basée sur une tritavequi représente un rapport de fréquences de 3 à 1 (la relation entre Do moyen et une octave plus une quinte au-dessus du do moyen), qui est ensuite subdivisé en 13 tons équidistants.

Nouvelles découvertes rapportées par Nick Kathios et ses collègues de Psyche Loui’s Laboratoire de musique, d’imagerie et de dynamique neuronale montrent que des participants qui n’ont jamais été exposés à la musique dans l’échelle BP sont néanmoins rapidement capables de s’adapter et de comprendre la “grammaire” de cette nouvelle échelle. Après seulement une demi-heure d’exposition aux mélodies de l’échelle BP, les participants ont pu discerner avec précision si un nouveau ton présenté appartenait ou non à l’échelle. Certains de ces résultats sont discutés dans un nouveau papier par Psyché Loui.

Quel tempo est le bon tempo ?

Lorsque vous entendez une mélodie inconnue, seriez-vous capable de juger si le tempo (battements par minute) était trop lent, trop rapide ou juste ? De nouvelles recherches sur détermination du tempo présenté par Leigh VanHandel et ses collègues suggère que les gens utilisent divers indices rythmiques pour converger sur un tempo préféré pour de nouveaux modèles rythmiques. Les rythmes avec une densité de notes et une syncope plus élevées sont généralement ajustés pour être plus lents que des motifs rythmiques plus clairsemés et plus uniformes. De plus, VanHandel et ses collègues ont constaté que le tempo de la présentation initiale d’un motif rythmique avait une grande influence. C’est-à-dire que les ajustements des gens au tempo n’avaient pas tendance à trop s’écarter du tempo initialement présenté, suggérant qu’une fois que quelqu’un entend un rythme à un tempo particulier, il aura tendance à adopter ce tempo comme droit tempo.

Mémoire de hauteur absolue pour les bips, les cordes de guitare et les vers d’oreille

La hauteur absolue (également appelée hauteur parfaite) est la capacité d’identifier rapidement une tonalité en l’entendant et est considérée comme extrêmement rare dans les populations occidentales. Cependant, les preuves suggèrent que de nombreuses personnes ont implicite accès aux représentations de hauteur absolue. Par exemple, Stephen Van Hedger et ses collègues montré en 2016 que la mémoire de hauteur à long terme des gens pour le censeur de bip est étonnamment précise. Les bips de censure qui étaient présentés un demi-ton au-dessous ou au-dessus de la tonalité canonique de 1000 Hz étaient facilement identifiés comme incorrects, même par les participants sans formation musicale. Dans de nouvelles recherches présentées, Jonathan De Souza et ses collègues ont montré que la mémoire de hauteur absolue est liée à une expertise spécifique avec un instrument de musique. Les participants qui étaient soit des guitaristes formés, soit des pianistes formés ont été exposés à des séquences d’accords de guitare qui étaient soit inchangés, soit modulés vers le haut ou vers le bas d’une infime quantité (0,25 demi-ton). Les guitaristes experts (mais pas les pianistes) ont pu discerner quels accords de guitare avaient été modifiés.

Une nouvelle étude sur les vers d’oreille musicaux menée par mon propre étudiant diplômé Matt Evans a révélé que les chansons coincées dans nos têtes ont tendance à être dans la même tonalité que les enregistrements originaux. Nous avons trouvé cela en utilisant un paradigme d’échantillonnage d’expérience dans lequel les participants étaient invités plusieurs fois par jour à indiquer s’ils avaient une chanson dans la tête et, le cas échéant, à la chanter ou à la fredonner dans leur téléphone. Des analyses détaillées de ces enregistrements ont révélé une cohérence remarquable dans les propriétés musicales des vers d’oreille spontanés des gens, y compris des représentations véridiques de la hauteur et du tempo. Plus de détails sur ces résultats seront bientôt partagés dans un prochain article.

Faire progresser le domaine de la science musicale

Dans l’ensemble, la conférence SMPC-2022 a fourni une merveilleuse opportunité aux chercheurs en musique d’un large éventail de disciplines d’échanger des idées et de progresser dans le domaine en pleine croissance de la science de la musique. J’ai hâte d’assister à la réunion de l’année prochaine du International Conférence sur la perception musicale et la cognition, qui aura lieu à l’Université Nihon au Japon.

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